Monique* est employée dans une grande banque en ligne à Paris. 
Donc, déjà, la Monique, elle se fait PLEIN de thunes à priori, par rapport à un tit cheminot.

Comme la majorité de ses collègues, elle habite en grande banlieue, seule solution  pour elle de disposer d'un habitat décent. Les loyers parisiens lui sont 
bien évidemment inaccessibles. Chaque jour, elle utilise les transports en commun pour se rendre à son travail. Ce trajet lui coûte 1 heure et demie de son temps le matin et autant le soir pour rejoindre sa maison où elle s'occupera ensuite de sa famille. C'est en femme libre que Monique a choisi de travailler. Nombre de personnes de son entourage ont, quant a elles, choisi de ne pas travailler tant les diverses subventions légales à l'inactivité les ont poussées à refuser un travail pas assez payé et 
éloigné de leur domicile. Ces personnes ont pertinemment et logiquement choisi de rester chez elles. 

Bon, alors, là, on a le passage démago sur les "chômeurs de confort", <ironie> assurément très nombreux dans les statistiques </ironie>
Passage sans rapport avec la situation de la SNCF, d'ailleurs, mais l'auteur a visiblement voulu glisser une pique ultra-libérale contre les minima sociaux. Sympathique... 

La liberté a un prix que Monique paye lourdement ces jours-ci car, au motif d'une autre liberté appelée le droit de grève, quelques salariés de la SNCF ont choisi de bloquer les transports publics. Les 3 heures de transport quotidien se transforment alors en un véritable gymkhana pour rejoindre son travail dans les meilleurs délais car Monique ne peut se permettre d'être absente. Monique, d'origine modeste, se sent culturellement un peu solidaire des salariés qui militent pour améliorer leurs conditions de travail. Elle sait que les siennes sont difficiles et conçoit que celles des autres le soient aussi. Ce dernier argument relativise un peu sa galère devenue quotidienne après 6 jours consécutifs de grève. Liberté de travailler pour Monique et Liberté de grève pour les autres. 

Ben non... Il y a (devrait y avoir) liberté de travail comme de grève pour tout le monde. Et si le patron de Monique ne lui reconnaît pas ce droit, il lui reste les prud'hommes, ou l'action directe. Maintenant, si elle aime se faire exploiter...

 L'EGALITE :
Ce que Monique ignore, ce sont les motifs précis du mécontentement de ses alter ego du service public. Elle ignore que les grévistes de la SNCF refusent le plan " Cap Clients" qui a pour vocation de mettre l'entreprise au service de ses clients. Ce que Monique ignore, c'est que la grande revendication, c'est l'abandon de l'organisation verticale autour d'activités (fret, grandes lignes, Île-de-France, TER, infrastructures - lié à la sous-traitance pour RFF) appelée Cap clients : on découpe l'entreprise en diverses activités, certaines pouvant devenir des filiales, d'autres, les plus rentables, cédées au privé. Comme il y a une dizaine d'années aux PTT, la SNCF dit que ce n'est qu'une mesure administrative, mais d'ici 3 ou 4 ans, une partie risque d'être privatisée comme France Télécom, (La Poste a elle déjà créé une multitude de filiales en vue de la privatisation). 
Les cheminots s'appuient sur ce qui se passe en Angleterre (accidents réguliers dus au non entretien du réseau) depuis la privatisation pour lutter contre cette réforme de la SNCF, sans pour autant vouloir maintenir le fonctionnement actuel. 
L'entreprise dans laquelle travaille Monique a toujours été au service de ses clients sinon voilà longtemps qu'elle aurait mis la clé sous la porte. 
Alors ça c'est de la belle langue de bois sur les "gentilles-entreprises-qui-ne-pensent-qu'au-bien-du-client" ou je ne m'y connais pas... 
Elle ignore que les grévistes de la SNCF militent pour maintenir leur retraite à 50 ou 55 ans, calculée sur les toutes dernières années d'activité, alors que Monique ne partira probablement pas en retraite avant 65 ans et n'a aucune idée de quelle manière sera payée son hypothétique pension pourtant bien méritée. 
Peut-être en travaillant moins pour travailler tous, par exemple.
Et plutôt que de jalouser les fonctionnaires, et si elle se battait pour SES acquis sociaux, un peu, la Monique ?

Elle ignore aussi que cette retraite à 50 ans ou 55 ans ne peut être financée par la seule caisse de retraite des bénéficiaires de la SNCF. Par solidarité, la caisse de retraite du privé, à laquelle Monique cotise chaque mois, a l'obligation de combler une partie du trou de la caisse de retraite publique incapable d'honorer seule ses engagements sociaux. Comme cela ne suffit pas, le solde est financé par l'impôt sur le revenu dont Monique malgré ses revenus modestes vient de s'acquitter comme une minorité de français. 

Mais le gouvernement -que l'auteur semble apprécier- a justement augmenté les prélèvements indirects sur les plus faibles revenus, et diminué l'ISF... 
...elle paye l'ISF, Momo(nique) ?

Elle ignore encore que le salaire net qu'elle touchera en fin de mois, pour 39 heures de travail (bientôt 37 heures et 33 minutes, puis 35) efficace par semaine est sensiblement inférieur au salaire moyen du salarié dudit service publique pour des heures de travail effectives que personne ni même la direction ne sait calculer exactement. 

D'où sort cette affirmation gratuite ?

Elle ignore enfin que la direction de la SNCF accordera, comme d'accoutumée, à ces revendications une fin favorable en augmentant les salaires conformément à la demande des grévistes et en payant, fort probablement, les jours de grève. "EN PAYANT LES JOURS DE GREVE" ?????
LA SNCF "PAYE LES JOURS DE GREVE" ???? NAWAK COMPLET
Monique, par contre, se verra déduire en fin de mois les heures de retard qu'elle aura accumulées pendant cette semaine de progrès social. Ignorer tout cela permet sans 
doute de mieux accepter cette conception de l'égalité ? 
 
LA FRATERNITE: 
Monique est fraternelle puisqu'elle paye chaque jour de ses propres deniers le statut de ce service public. Cette semaine, elle paye un petit extra qui se traduira sur sa feuille de paye, par son manque de sommeil, par le stress d'arriver en retard au travail, puis d'arriver en retard à la maison. 
Demain, toujours fraternelle, elle continuera à payer l'addition lorsqu'elle continuera à travailler pour payer la généreuse retraite des salariés de la SNCF de sa génération, mais partis 15 ans plus tôt. 

Liberté, Egalité, Fraternité ... nous voilà rassurés, le droit de grève respecte bien les bons principes de notre république. Il est donc bien constitutionnel. Au fait, Monique ne travaille-t-elle pas avec vous? Si elle travaille avec vous surtout ne lui dites rien de tout cela.... 

Depuis plusieurs années, la SNCF a mis presque tous ses oufs dans le même panier en ce qui concerne le transport des voyageurs : le TGV. 
Si nous avons déjà dit tout le mal que nous pensons du TGV, la mise en service du TGV Méditerranée en rajoute à ce que nous pouvions dire : plus d'arrêt dans certaines gares, le coût fixé par RFF pour l'utilisation des lignes est dès le départ supérieur au montant global de la vente des billets, et de ce fait est déjà déficitaire. Cette ligne va donc profiter uniquement aux banques (par le remboursement de la dette par RFF).

"AUX BANQUES" ! 
"PROFITER AUX BANQUES" !
MAIS C'EST LA QU'ELLE BOSSE MONIQUE !
DE QUOI ELLE SE PLAINT ???

 VIVE LA SNCF ! 
Quelques chiffres a connaître: 
 - Recettes annuelles: 57 milliards de F 
 - Budget annuel: 118,5 milliards de F 
 - Subvention annuelle de l'état: 75 milliards de F (un Crédit Lyonnais tous les 2 ans avec nos impôts) 
 - Financement des retraites : 14 milliards (toujours avec nos impôts) 
 - Dette à financer : 232 milliards (SNCF + RFF, l'équivalent du CDR au Lyonnais) 

 Situation d'un conducteur de TGV : 
Quoi ? Comment ça, uniquement "les conducteurs de TGV" ? Ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble des cheminots !!!!
La SNCF fait des énormes bénéfices (mais elle est plombée par une dette énorme), et pourtant les salaires sont bloqués depuis 2 ans. Il faut dire que les salaires de base sont très bas à la SNCF, et que si le salaire moyen est d'environ 8 000 F, c'est qu'il est complété par des primes et des allocations. La politique de la SNCF était ces dernières années de régler les conflits catégoriels par l'attribution de primes ou d'allocations sur lesquelles la SNCF ne payait pas de charges sociales. Or l'URSSAF réclame à la SNCF les charges non payées et celle-ci veut les répercuter sur les cheminots. 
- Salaire : de 14000 F en début de carrière à 21000 F en fin de carrière. 
- Plus : prime de fin d'année, prime de travail (restons calme), prime de parcours, prime de TGV, prime de charbon (vous lisez bien), gratification de vacances, gratification annuelle d'exploitation, indemnités pour heures supplémentaires, allocation de déplacement (non imposable), etc. 
- Horaire de travail : 25 heures par semaine (vive les 35 heures) 
- Retraite à 50 ans 
- Soins : gratuits (sur le temps de travail) auprès d'un des 15900  établissements de soins agréés ou ils sont couverts à ... 100% 
- Autres privilèges : gratuité des transport pour les agents et leur famille (en première), CE très généreux, ... 
- Et : EMPLOI A VIE. 



Citation d'un fonctionnaire de la SNCF (relevée sur ce site) à propos de ce passage :
"Mais mettez à niveau vos connaissances au lieu de balancer des faits qui n'ont rien à voir à la réalité. A titre d'information, l'agent SNCF que je suis partira en retraite à 55 ans comme 90% de mes collègues (et non pas à 50 ans qui est réservé aux conducteurs). Je ne gagne pas 14 000 frf par mois et le salaire moyen d'un agent SNCF (180 000 personnes) s'élève à 8500 frf net (...) Les primes de trajet, de chaussures, de je ne sais trop quoi, connais pas moi !!!! 
La gratuité du train ?? Je travaille pour la SNCF, accordez-moi cette faiblesse de mon employeur. "

Un autre cheminot :
"Retraite à 50 ans = Seuls les conducteurs de trains (7% des cheminots) ont la retraite à 50 ans
- Horaires de travail : Le 3x8 (signifie 8 heures par jour sans pause et avec continuité de service (c'est à dire que si le remplaçant n'est pas là, on reste ...! )
- allocation de déplacement (non imposable) = vrai pour les déplacements en service
- indemnités pour heures supplémentaires = c'est souvent le cas et même dans le privé, sinon, vous êtes conscients vous-mêmes que votre patron vous les doit.
- prime de charbon (vous lisez bien) = Je dois mal lire !!!!!!!!!!!!!!!!!! (chabron, chaton ?? je vois pas là)
- prime de fin d'année, gratification de vacances, gratification annuelle d'exploitation : c notre 13ème mois sous trois appellations différentes !!!!!!!!!!!!!!!!
- Salaire de 14000 F en début de carrière à 21000 F en fin de carrière = J'ai débuté à 8500 fr brut et je suis bien loti parmi les cheminots. Donnez moi les coordonnées du cheminot qui gagne 14000 en début de carrière, que je change de filière immédiatement !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ( cf un conducteur débute au TGV à 40 ans passés (soit 20 ans de service derrière lui)
- Subvention annuelle de l'État 75 milliards de F = Chouette, dites moi quand ça commence, je pourrai alors gagner 14 000 fr moi aussi !!!!!!!
-Dette à financer : 232 milliards de F = Les 2000 kilomètres de ligne à grande vitesse que vous utilisez pour aller dire bonjour à mamie en 3 heures n'ont pas été offertes par un check du moyen-orient. Cette dette est remboursée par la SNCF qui paie un péage pour faire circuler ses trains (RER, TER, TGV, FRET, etc) sur toutes les lignes de France."

Un tissu de mensonges, donc... Rhôôô... Monique ! 

Autre citation d'un internaute :
"(...) Je n'ai pas l'intention de rentrer dans le jeu des mauvaises langues en citant l'ensemble des avantages du privé car ce serait là encore faire l'amalgame entre des professions très variées. Mais sachez qu'il y en a des bien pires mais c'est tabou. Allez au hasard, il n'y a pas si longtemps, il arrivait dans une certaine banque d'avoir 22 mois de salaire, des prêts à 1% et la possibilité de partir en retraite à 50 ans. Vous croyez que les représentants déclarent tous leurs revenus aux impôts ? les milliards de fraude fiscale, croyez-moi, c'est pas les fonctionnaires... "

Tiens tiens, toujours les BANQUES... mal choisie, comme exemple, la Monique...

Transmettez ces chiffres au maximum de personnes que vous connaissez, et qui empruntent la SNCF régulièrement, pour que l'on n'entende plus à chaque grève un "usager" à la radio dire : "Ils ont sûrement raison de faire grève mais..." 
 FAITES CIRCULER !!! ! 

FAITES CIRCULER AUSSI LES COMMENTAIRES ! :)

(*) Le prénom a été modifié.